Retours sur le conseil municipal du 11 avril dernier

Le conseil municipal s’est réuni pour voter les comptes administratifs 2017 (budget réalisé) et le budget primitif 2018 (budget prévisionnel).
Ce conseil municipal d’avril est toujours particulier puisqu’il permet de faire le bilan de l’année écoulée et de chiffrer les projets de l’année en cours.
A l’issue de la présentation de ce budget primitif 2018, nous avons fait plusieurs remarques, en ayant bien à l’esprit que les baisses de dotation de l’État envisagées rendent l’exercice difficile.

Sur la forme :

Comme tous les ans, nous regrettons que la commission finances ne se réunisse qu’une seule fois par an, quelques jours avant le vote du budget ; et plus globalement que les commissions ne se réunissent pas ou pas assez souvent à notre goût.
Des commissions et discussions régulières, si elles n’amènent pas forcément un consensus, permettent de mettre à plat dans le calme les dissensions et les vrais débats, et ainsi de donner une meilleure image des uns et des autres, et donc de la commune.

Les membres de la commission Finances n’ont pris connaissance de cette proposition de budget que lundi matin, soit 2 jours avant, et l’ensemble des conseillers n’a reçu la version définitive que le midi même du conseil : c’est un délai trop court pour se faire une opinion sincère et entière !

Sur le fond :

Nous avons constaté que, a priori, les économies ayant été faites là où c’était possible sur les charges de gestion courante.
Nous les réclamons depuis des années, nous ne pouvions donc que saluer l’inscription au budget des travaux à la maison pour tous et à la salle polyvalente pour cette année et l’année prochaine. Sur ce point, nous avons également souligné le bénévolat actif du club de handball dans la réfection des vestiaires.
Nous avons également approuvé la création du Conseil municipal des jeunes (nous l’avions proposé en 2014) et nous avons noté que que notre proposition d’inscrire 1000 euros dédiés aux premiers projets de ce conseil était actée, tout comme la coordination de ce conseil par le service jeunesse.

Néanmoins, nous avons déploré d’autres points négatifs sur lesquels persistent des désaccords ou des perceptions différentes.

Sur les charges de personnel, nous pensons que nous sommes arrivés au plus bas de ce qui était possible à Lasseube et qu’il n’est pas raisonnable d’envisager de nouvelles baisses pour les années à venir si on veut garder le service tel qu’il est actuellement et l’améliorer. Nous en voulons pour preuve l’entretien des bâtiments et la propreté du village qui devraient traduire une certaine qualité d’accueil.
Mais il semble que la majorité veuille continuer sur cette voie et préfère avoir recours à des prestataires extérieurs plutôt qu’à des fonctionnaires territoriaux. Nous y voyons là une pente vers la précarisation des salarié.e.s

Nous regrettons de ne pas voir apparaître en recettes les 12 000 euros de pénalité que nous pouvions espérer suite au « dossier toit de l’école », alors que la majorité s’était engagé à porter réclamation suite aux malfaçons constatées sur ces travaux (malfaçons corrigées par la suite par une autre entreprise).

Sur la voirie, un important retard a été accumulé et nous souhaitons que le budget alloué à ce poste soit largement augmenté l’année prochaine

Sur le projet privé de micro-crèche (qui n’impacte que peu le budget primitif), suite à l’abandon du porteur de projet, nous réitérons notre demande d’intégrer la démarche collective de la Communauté de Communes du Haut-Béarn qui travaille actuellement à l’état des lieux et au diagnostic territorialisé de l’accueil de la petite enfance.

Sur la viabilisation d’un autre lot sur la parcelle Bascourret, nous avons bien pris note que ces travaux ne seront engagés que si le projet privé de construction se concrétise et que si, par contrat, ce projet ne vient pas en concurrence avec les commerces déjà existants sur la commune.

Enfin sur la Maison de santé, nous avons réitéré notre demande de faire une réunion à 19 pour mettre à plat et collectivement les différentes manières dont la commune peut accueillir les candidats à l’installation. Dans ce budget, se dessine une option (hors achat des cabinets par des médecins, location de cabinet offerte pendant 6 mois avec engagement à rester 5 ans minimum) que nous avons appris en commission des finances deux jours auparavant et qui n’a jamais été discutée collectivement.
[Depuis la réunion du Conseil du 11 avril dernier, il semble que la situation ait évoluée, mais nous attendons une communication officielle de la mairie ].

Pour toutes ces raisons nous n’avons pas voté favorablement ce budget, mais dans un esprit constructif, nous espérons que les élus majoritaires ont entendu nos demandes légitimes (réunion des commissions, réunions plénières, travail collectif, …) pour les deux années à vivre encore ensemble autour de la table du conseil, au service des Lasseubois.es.

En marche …. arrière !

La dernière réunion du Conseil municipal a eu lieu exceptionnellement un vendredi (30 juin) afin de désigner les 5 délégués qui voteront aux élections sénatoriales le 24 septembre prochain. Nous avons chargé Séverine Bourdet-Pées (titulaire) et Franck Remazeilles (suppléant) de voter pour les élus minoritaires.

 

ecolebis
École des Baïses de Lasseube

Comme prévu, un des points de discussion de cette longue réunion a été le retour en arrière sur les rythmes scolaires.

Durant la campagne électorale, le candidat Macron avait imaginé laisser l’opportunité aux communes de revenir à la semaine de 4 jours dans les écoles maternelle et primaire : chose faite peu de temps après la formation du gouvernement par un décret du 27 juin 2017.

On ne peut pas dire que le Maire de Lasseube ait fait preuve de procrastination sur ce dossier, puisque la demande de dérogation a été envoyée au Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale (DASEN) des Pyrénées-Atlantiques avant la parution de ce fameux décret, avant l’avis du Conseil d’école et, évidemment avant le vote en Conseil municipal du 30 juin … alors même que ni les enseignants, ni les parents d’élèves n’avaient rien demandé !

La délibération votée par la majorité et la discussion lors de ce conseil ne nous ont pas permis de savoir pourquoi il était urgent de revenir sur cette semaine de 4,5 jours qui avait été mise en place dans la douleur à la rentrée 2015.
Si, à l’époque, nous avions dénoncé la méthode du Gouvernement (pas de concertation sur une réforme imposée aux communes), force est de constater que le retour en arrière se fait sans la moindre évaluation (qui ait été portée à notre connaissance) :

  • pas d’évaluation connue des services de l’Éducation Nationale sur les bienfaits (ou non) des 4,5 jours d’apprentissage pour les élèves ;
  • pas d’évaluation connue du corps enseignant de l’école des Baïses sur les bienfaits (ou non) des 4,5 jours d’apprentissage pour les élèves de Lasseube
    (il semble que les enseignants sont soumis à un devoir de réserve sur le sujet … qui ne les a pas empêchés de voter lors du conseil d’école)
  • pas d’évaluation connue du Service Jeunesse de la Mairie sur les bienfaits (ou non) des Temps d’Activités Périscolaires (TAP) mis en place à Lasseube.

S’il n’y a aucune évaluation connue (si ce n’est celle de ressentis forcément subjectifs), nous savons néanmoins que le Conseil Supérieur de l’Éducation et le Sénat ont émis des avis (consultatifs) défavorables sur ce retour en arrière.

Pour justifier sa décision, la majorité municipale se retranche derrière l’avis consultatif du Conseil d’école, composé d’enseignants, d’élus de la majorité, de représentants du personnel communal et de délégués de parents d’élèves (75% de votants pour le retour à 4 jours) et derrière un sondage rapide mené par les parents d’élèves quand ils ont connu la volonté du Maire de profiter de l’aubaine post-électorale.

En 3 jours, 45% des familles ont répondu à l’enquête.
72% de ces 45% sont favorables au retour à 4 jours … mais plus de 80% de ces 72% acceptent un retour à 4 jours à condition qu’un centre de loisirs (ou autre possibilité d’accueil) soit mis en place par la Mairie le mercredi matin.
Or la mise en place de cet accueil ne se fera pas à la rentrée 2017 et la volonté majoritaire n’est pas non plus affichée pour 2018.
Sachant cela, il n’est pas certain que le pourcentage en faveur du retour à 4 jours aurait été aussi élevé ….

Que nous soyons favorables ou pas, à titre individuel, à une scolarisation des élèves sur 5 matinées (4,5 jours), nous estimons que cette décision est précipitée et qu’il faut se laisser un temps de concertations pour imaginer ce qui serait le mieux pour les enfants (en tenant compte des réalités budgétaires lasseuboises).
Notre demande de report a été refusée.

Nous avons demandé que le budget ainsi économisé (environ 40 000 euros) soit entièrement consacré à une « politique jeunesse » au sens large, qua ça soit dans le renforcement de l’accueil de loisirs (notamment le mercredi matin) et dans des activités culturelles et sportives proposées par le Service Jeunesse hors temps scolaires, en lien avec les associations lasseuboises.
Ce fléchage des 40 000 euros qui seraient dégagés par le retour à 4 jours relève d’un choix politique que la majorité n’a pas encore fait !

Ce retour en arrière a été pris à l’aune de considérations d’adultes, en omettant de mettre l’enfant au cœur de la réflexion (lire par exemple cet entretien avec la chronobiologiste Claire Leconte).
Sur ce dossier, comme sur d’autres, nous regrettons la précipitation majoritaire.
Quoi qu’il en soit, nous saurons le 13 juillet au plus tard si le DASEN accepte (ou non) cette demande de dérogation.

 

Pour conclure ce billet, nous vous informons qu’un projet privé de micro-crèche (10 places) est en cours sur la commune.
Il est dommage que la réalisation de ce projet n’attende pas l’état des lieux et le diagnostic sur l’accueil de la Petite Enfance que notre Communauté de Communes du Haut-Béarn va mener à compter de septembre 2017, dans le cadre de sa compétence.
Il serait de bon ton de commencer à porter des projets d’intérêt communautaire à Lasseube, nous semble-t-il.
Si nous ne sommes pas opposés à la diversification des offres de garde sur notre commune, nous serons vigilants à ce que ce projet ne déstabilise pas l’offre existante assurée par les assistantes maternelles.

 

PS : que les Lasseubois (paysans, vignerons et particuliers) touchés par l’épisode de grêle du 28 juin dernier lisent ici l’assurance de notre soutien.

Lire le compte-rendu de ce Conseil municipal dans la République des Pyrénées du 3 juillet